Les affrontements survenus dans la zone de Miskí, dans la province du Tibesti, ravivent les inquiétudes autour de la consolidation de la paix dans cette partie du Tchad. Dans un communiqué publié le 19 octobre 2026, la Médiature de la République déplore les pertes en vies humaines et appelle les acteurs concernés à préserver les acquis du dialogue. En toile de fond, une question sensible : comment faire des ressources naturelles un levier de développement plutôt qu’un facteur de conflits ?
La paix reste fragile dans le Tibesti. À Miskí, des affrontements ayant fait des morts et des blessés viennent raviver les tensions dans une zone où les efforts de dialogue se poursuivent. Face à cette nouvelle flambée de violences, la Médiature de la République sort de son silence et appelle à la retenue, au respect des engagements pris et à la poursuite du processus de paix.
Dans son communiqué de presse n°012/MR/SG/DCT/2026, rendu public le lundi 19 octobre, l’institution exprime sa préoccupation face à l’évolution de la situation. Elle présente ses condoléances aux familles endeuillées et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. Son message est sans équivoque : « Une mort de plus est une mort de trop pour le Tchad », rappelle-t-elle, en soulignant l’aspiration des populations à vivre dans la paix et la concorde.
Le regain de violence intervient dans un contexte diplomatique pourtant marqué par des signes d’apaisement. Le 3 octobre dernier, à Michéou, le vice-Premier ministre chargé de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Limane Mahamat, avait rencontré les mouvements signataires des accords de paix. La rencontre s’était tenue en présence de la ministre des Mines, du Pétrole et de la Géologie, de représentants de la Médiature et des facilitateurs du processus.
À cette occasion, les parties avaient réaffirmé leur volonté de poursuivre le processus engagé jusqu’à son aboutissement, avec pour objectif de consolider la paix. Les événements de Miskí viennent ainsi éprouver la solidité de ces engagements et relancer les interrogations sur les conditions nécessaires à leur mise en œuvre effective. Sans désigner de responsables dans son communiqué, la Médiature exhorte les acteurs concernés à faire preuve de retenue afin d’éviter une nouvelle escalade et d’épargner davantage de souffrances aux populations.
Au-delà de l’urgence sécuritaire, le communiqué met en lumière un enjeu majeur pour l’avenir du Tibesti : la gestion des ressources naturelles. L’institution rappelle que les richesses de cette partie du pays doivent profiter à l’ensemble du peuple tchadien et contribuer au développement national. Le message est fort. Pour la Médiature, ces ressources ne doivent en aucun cas devenir une source de violences récurrentes et de pertes en vies humaines. Une mise en garde qui place la question du partage des retombées économiques au cœur de la réflexion sur la stabilité de la région.
La valorisation des ressources naturelles ne saurait donc se limiter à leur exploitation. Elle pose aussi la question de leur gouvernance, de la répartition des bénéfices et de la capacité des mécanismes de dialogue à prévenir les tensions.
La Médiature salue par ailleurs l’engagement des Forces de défense et de sécurité dans leurs missions de préservation de la sécurité nationale. Elle insiste toutefois sur la nécessité de mener ces missions dans le respect des lois de la République et avec le souci constant de protéger les vies humaines. Fidèle à sa mission, l’institution dirigée par l’ambassadeur Saleh Kebzabo réaffirme enfin sa disponibilité à accompagner les démarches de dialogue, de rapprochement et de concertation susceptibles de consolider les accords conclus.

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