Tchad-Niger : une brouille sur fond d’accusations et de démentis
Politique

Tchad-Niger : une brouille sur fond d’accusations et de démentis

Le gouvernement tchadien a rejeté fermement les accusations des autorités nigériennes selon lesquelles une frappe de drone survenue le 24 octobre 2026 dans la région d’Agadez, au Niger, aurait été menée depuis le territoire tchadien. Cette position a été exprimée dans un communiqué lu ce mardi 27 octobre 2026 à la télévision nationale par le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Gassim Chérif Mahamat.

Dans cette communication officielle, le porte-parole du gouvernement, Gassim Chérif Mahamat, dément toute implication du Tchad et appelle à une enquête internationale indépendante. Dans sa communication, le gouvernement affirme n’avoir « aucunement ordonné, conduit ou soutenu une quelconque opération militaire aérienne depuis son sol contre le Niger ». Il dément également avoir apporté un quelconque concours à une puissance étrangère en vue de mener une action hostile contre ce pays voisin.

Il récuse par ailleurs les allégations selon lesquelles le territoire tchadien servirait de base arrière à des mercenaires visant les populations et les infrastructures nigériennes. Pour les autorités tchadiennes, ces accusations répétées sont dépourvues de preuves et ne sauraient justifier la mise en cause publique d’un État.

Le gouvernement tchadien estime qu’aucun État ne peut être désigné comme responsable d’une attaque armée sur la seule base d’affirmations unilatérales. Il invite les autorités nigériennes, qui affirment détenir des éléments matériels et techniques concordants, à les rendre publics afin que leur nature, leur fiabilité et leur portée puissent être examinées.

Selon la communication gouvernementale, les accusations avaient déjà commencé à circuler à la suite des événements des 28 et 29 août 2026. À l’époque, il avait choisi de ne pas alimenter la polémique, privilégiant la préservation des relations historiques et fraternelles entre les deux pays.

Toutefois, le gouvernement précise que cette retenue ne saurait être interprétée comme un acquiescement ou un signe de faiblesse. Face à la récurrence des accusations, il juge désormais nécessaire d’apporter une clarification sans équivoque.

Dans sa déclaration, le gouvernement tchadien évoque également des préoccupations sécuritaires qu’il affirme avoir signalées à plusieurs reprises aux autorités nigériennes au cours des quatre dernières années. Il fait notamment état de la présence présumée, sur le territoire nigérien, de groupes rebelles tchadiens armés et hostiles aux institutions légitimes du Tchad.

Il déplore l’absence, de démenti formel à ces signalements. Plus récemment, poursuit la communication, un militaire ayant déserté les rangs de l’armée nationale tchadienne se serait rendu au Niger avec des véhicules et une importante quantité d’armes, dans l’intention de rejoindre ces groupes. Le gouvernement affirme que, malgré les démarches entreprises, ni les armes, ni les véhicules, ni les déserteurs appréhendés n’ont été remis aux autorités tchadiennes.

En rappelant le rôle du Tchad dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, le Porte-parole du Gouvernement a souligné les sacrifices consentis par ses forces de défense et de sécurité pour préserver la stabilité et l’intégrité territoriale des pays frères, y compris le Niger.

Le gouvernement tchadien exige des autorités nigériennes la cessation des mises en cause publiques qu’il considère comme dépourvues de preuves. Il affirme rester ouvert à un dialogue direct fondé sur des faits établis, tout en prévenant qu’il ne tolérera pas la banalisation d’accusations portant atteinte à son honneur, à sa souveraineté, à son intégrité territoriale ou à la sécurité de sa population.

Par l’ATPE

Leave feedback about this