Tensions avec la section provinciale de N’Djaména, prérogatives du bureau national, les risques de division au sein du syndicat, les négociations avec le gouvernement sur les primes ainsi que les perspectives de la rentrée scolaire, entre autres, questions abordées par Bolmbari Ngolaou, secrétaire général du bureau exécutif national du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET), dans cet entretien.
Nous disons clairement aux enseignants que le serpent qui les a mordus, il faut bien qu’ils craignent la corde. Sinon, ce sont eux qui seront les grands perdants. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et voir les enseignants s’entre-déchirer.
Et non seulement cela, mais un troisième larron risque de faire irruption. Ce troisième larron pourrait être, par exemple, le gouvernement. Le gouvernement peut saisir cette occasion pour suspendre le syndicat.
Or, nous sommes à une période très importante dans les négociations que nous avons engagées avec le gouvernement. Avec le gouvernement, nous nous sommes entendus sur les primes de craie et les primes de documentation. Mais les primes les plus importantes sont celles de logement et de transport.
C’est justement en ce moment que ces questions font l’objet de débats au niveau du Conseil tripartite. À cette période, nous devons donc tout faire pour éviter des problèmes qui pourraient amener le gouvernement à sévir. Mais nos camarades ont peut-être une idée derrière la tête.
Le bureau national est mis en place par un congrès, qui est l’instance suprême du Syndicat des enseignants du Tchad. Le congrès a mis en place le Conseil national, qui a élu le bureau national. Et c’est le bureau national qui doit traduire en actes les résolutions du congrès.
Depuis notre prise de fonction, tout ce que nous faisons au bureau national, la section de N’Djaména s’y oppose automatiquement. Nous nous demandons ce qui l’anime au point de se comporter de cette manière. Elle est dans sa logique de tous les jours, une logique qui consiste à s’opposer systématiquement à tout ce que le bureau national entreprend.
Mais nous sommes dans un pays organisé et nous avons fait prévaloir nos prérogatives. S’ils ne veulent pas nous suivre, on verra bien. Nous avons plutôt cherché à sauver la situation parce que, si nous laissons les choses se dérouler selon son programme, il y a une forte probabilité qu’il y ait un affrontement dans les rangs des enseignants.
Les enseignants se disent qu’il les a amenés à perdre la moitié de leur salaire et qu’il a encore commencé à rejeter ce dont il n’était pas du tout l’auteur. Lorsqu’il dit qu’il rejette en bloc les résultats de la négociation, ce n’est pourtant pas lui qui a négocié.
A-t-il la responsabilité de les rejeter ? Non. Alors, les enseignants qui ont de la suite dans les idées disent qu’ils ne vont plus le laisser faire. Et comme lui aussi a ses complices, il y a une forte probabilité qu’il y ait un affrontement.
Le bureau ne peut donc pas rester les bras croisés et regarder cela se dérouler. Je ne pense pas que cela puisse avoir un impact sur la rentrée scolaire. La rentrée va se dérouler, mais nous avons des préoccupations qui pourraient peut-être compliquer les choses.
Ces préoccupations, quelles sont-elles ? Nous avons négocié au niveau ministériel. Les négociations continuent au niveau du Conseil tripartite. Mais si les résultats ne nous satisfont pas, peut-être que nous aviserons.
Pour l’instant, en notre âme et conscience, nous disons qu’il n’y a aucun obstacle en ce qui concerne le déroulement de l’année scolaire, du moins la rentrée scolaire. Nous avons constaté, pendant très longtemps, qu’au niveau de la section provinciale du SET de N’Djaména, les gens ont tendance à falsifier les informations. Et il y a des personnes, peut-être peu averties, qui les suivent comme des moutons de Panurge.
Il faut arrêter cela. Nous sommes en train de travailler pour que les enseignants voient leur situation s’améliorer. Et, de manière logique, nous ne sommes pas contre le gouvernement.
Le gouvernement est notre partenaire. Le gouvernement n’est pas notre ennemi. Et dans le domaine syndical, quand on est dans le dialogue, on ne peut pas rompre.
Le dialogue, c’est engager une grève. C’est malheureusement ce que la section provinciale du SET de N’Djaména a l’habitude de faire. Donc, nous disons clairement aux enseignants que le serpent qui les a mordus, il faut bien qu’ils craignent la corde.
Sinon, ce sont eux qui seront les grands perdants. Parce que le gouvernement est désormais décidé à ne plus laisser la section du SET de N’Djaména mener le jeu et perturber la paix sociale. Nous ne représentons pas seulement N’Djaména, nous représentons tous les enseignants sur toute l’étendue du territoire.
Et nous savons que le salaire est la chose la plus sacrée pour un enseignant. Nous ne devons pas nous amuser à faire couper le salaire des enseignants sans raison valable. Il faut donc bien que les enseignants réfléchissent deux fois avant de suivre la section provinciale de N’Djaména, qui a certainement un agenda caché.
Entretien sur MRTV

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