Le SET de N’Djaména brandit une menace d’une grève
Éducation

Le SET de N’Djaména brandit une menace d’une grève

Le Syndicat des enseignants du Tchad (SET), section provinciale de N’Djamena, hausse le ton. Dans un communiqué publié le 9 septembre 2026, l’organisation syndicale dénonce le non-respect de plusieurs engagements pris par le gouvernement et annonce un préavis de grève couvrant la période du 9 au 26 septembre.

Réuni le 4 septembre dernier en séance élargie à la permanence du syndicat, située à l’École du centre, le bureau provincial du SET dit avoir examiné la situation des enseignants et se déclare « très indigné » par les dernières propositions gouvernementales concernant les primes de craie et de documentation.

Pour les responsables syndicaux, ces propositions ne répondent pas aux principales revendications des enseignants. Le SET de N’Djamena accuse ainsi le gouvernement de privilégier des mesures jugées secondaires au détriment des engagements déjà pris dans le cadre du dialogue social.

Au cœur de la contestation figure notamment le chronogramme de 45 jours qui, selon le syndicat, devait aboutir à la signature d’un protocole d’accord relatif à l’application du Décret 2850. Le SET affirme que ce délai, entamé le 3 avril 2026, n’a pas été respecté.

Le syndicat dénonce également l’absence de signature, à la date du 6 juin 2026, du protocole d’accord destiné à garantir une trêve sociale durable. À ces griefs s’ajoute la question du moratoire de 18 mois, dont le SET estime que le gouvernement prolonge indéfiniment l’application.

Cette dernière question concerne notamment les autorisations d’étude demandées par des enseignants. Selon le syndicat, leur refus porte atteinte au droit à la formation et contrevient aux dispositions de la Loi 17 et du Décret 2850.

Autre sujet de colère : la retenue opérée sur les salaires des enseignants au mois de février 2026. Le SET réclame le remboursement immédiat du « demi-salaire » retenu et considère cette mesure comme un acte de répression plutôt que comme une réponse destinée à résoudre durablement le conflit.

Dans son communiqué, l’organisation syndicale estime que les enseignants tchadiens sont confrontés à une situation de précarité incompatible avec leur rôle dans le système éducatif national.

« Investir dans l’enseignant n’est pas une charge budgétaire », soutient le SET, qui appelle à faire de l’éducation une priorité nationale. Le syndicat reproche par ailleurs au ministère de l’Éducation nationale, du Bilinguisme et de la Promotion civique de multiplier les chantiers de réforme sans placer suffisamment les enseignants au centre du processus.

Pour sortir de l’impasse, la section provinciale du SET fixe trois exigences principales au gouvernement : le paiement immédiat de la moitié de salaire retenue en février 2026, la signature du protocole d’accord portant sur l’application intégrale du Décret 2850 et la levée du moratoire, accompagnée de la délivrance effective des autorisations d’étude aux enseignants.

Le syndicat assure toutefois rester attentif à l’évolution du dialogue avec les autorités. Dans le même temps, il appelle ses militants à se mobiliser et à se préparer à des « actions d’envergure » afin de pousser le gouvernement à engager, selon lui, de véritables négociations.

Le communiqué publié à N’Djamena le 9 septembre tient finalement lieu de préavis de grève du 9 au 26 septembre 2026. Le SET provincial affirme que le gouvernement serait responsable des conséquences qui pourraient découler de cette nouvelle phase de confrontation.

Cette annonce intervient dans un contexte où les relations entre les autorités et les organisations représentant les enseignants demeurent tendues. L’issue des prochains échanges pourrait ainsi être déterminante pour éviter une nouvelle paralysie du secteur éducatif dans la capitale tchadienne.

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