Alors que l’épidémie de dengue continue de mettre sous pression les structures sanitaires du pays, le Collectif des Médecins Non Intégrés au Tchad (COMENI) a adressé une lettre ouverte au Président de la République pour demander l’intégration exceptionnelle de 926 médecins sans emploi dans la fonction publique sanitaire.
Dans ce plaidoyer, les médecins non intégrés tirent la sonnette d’alarme sur la situation sanitaire que traverse actuellement le Tchad. Ils soulignent que les centres de santé et les hôpitaux de N’Djaména ainsi que ceux des provinces font face à une forte affluence de patients liée à l’épidémie de dengue, tandis que le nombre de décès continuerait d’augmenter.
Le collectif estime qu’il existe pourtant une ressource humaine disponible susceptible de renforcer rapidement la réponse sanitaire. Selon les signataires de la lettre, 926 médecins formés aux frais de l’État restent aujourd’hui sans emploi alors que les établissements de santé manquent de personnel pour assurer la surveillance, l’orientation et la prise en charge des malades.
Le COMENI insiste particulièrement sur la nécessité d’une prise en charge médicale adaptée des cas de dengue. Les auteurs rappellent que certains médicaments, notamment les anti-inflammatoires ou l’aspirine, peuvent aggraver l’état des patients. Ils estiment que seuls des médecins qualifiés sont en mesure d’identifier les signes d’alerte, de suivre l’évolution clinique des malades et d’assurer une hydratation appropriée.
Au-delà du recrutement des praticiens, le collectif appelle également les autorités à renforcer les capacités matérielles des centres de santé. La lettre demande que les structures sanitaires soient dotées en solutions de réhydratation, paracétamol, tests de diagnostic, perfusions, lits, oxygène et autres équipements nécessaires à la prise en charge des patients atteints de dengue.
Selon le collectif, l’intégration des médecins permettrait non seulement de désengorger les hôpitaux mais également de rapprocher les soins des populations dans les différents quartiers et provinces. Les signataires estiment qu’une telle mesure contribuerait à réduire les décès évitables tout en offrant des perspectives à une jeunesse médicale en attente d’insertion professionnelle. Dans leur adresse au chef de l’État, les médecins plaident pour une décision exceptionnelle et urgente. Ils considèrent que l’intégration des praticiens et le renforcement des moyens des structures sanitaires constitueraient une réponse concrète à l’urgence sanitaire actuelle et un moyen de renforcer la souveraineté du système de santé tchadien.
La lettre est signée par Dr Kebka Saleh Yadia, présenté comme porte-parole du Bureau exécutif du COMENI, et datée du 1er novembre 2026 à N’Djaména.

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