Chronique : Ecole tchadienne, on nettoie la cour, mais qui nettoie le système ?
Éducation

Chronique : Ecole tchadienne, on nettoie la cour, mais qui nettoie le système ?

L’école publique tchadienne fait peau neuve, du moins en apparence. Depuis l’appel du chef de l’Etat, maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, à réhabiliter les infrastructures scolaires, l’armée est descendue dans les cours des établissements. Le fusil a laissé place à la pelle, à la pioche, au râteau et à la brouette. Nos soldats, souvent présentés comme des hommes faits pour le front, prouvent qu’ils savent aussi combattre la saleté. Et ça, c’est à saluer !

Mais attention, chers compatriotes : si l’armée peut nettoyer les cours d’école, elle ne peut tout de même pas balayer à elle seule les problèmes de l’éducation nationale !

Car derrière les herbes à arracher et les ordures à ramasser se cache un mal bien plus profond : la baisse du niveau scolaire, la démotivation des enseignants et les insuffisances de la formation. Aujourd’hui, certains élèves peinent à maîtriser les fondamentaux, tandis que certains enseignants eux-mêmes ont besoin d’un sérieux recyclage.

Autrefois, le maître était un éducateur, un repère et parfois même un second père. Aujourd’hui, cette noble image mérite d’être restaurée. Il faut revoir la formation, les conditions de travail, le recrutement et le suivi pédagogique.

Nettoyer les écoles, c’est bien. Mais nettoyer les programmes de leurs incohérences et dépoussiérer le système éducatif, c’est encore mieux ! Car une cour propre ne garantit pas des élèves bien formés.

Le Tchad a besoin d’écoles propres, certes, mais surtout d’écoles qui enseignent véritablement. Les soldats peuvent manier la pelle ; pour relever le niveau, il faudra aussi mobiliser les enseignants, les responsables éducatifs et les décideurs.

En somme, les balais sont les bienvenus. Mais pour sauver l’école tchadienne, il faudra bien plus qu’un coup de balai !

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