Le budget 2025 discuté à l’Assemblée nationale
Politique

Le budget 2025 discuté à l’Assemblée nationale

A l’hémicycle, ce mercredi 17 décembre 2025, lors du débat sur l’adoption le budget 2026, le ministre des Finances a tenu à rassurer. Il affirme que le projet de loi de finances 2026 a été élaboré dans l’esprit des 12 chantiers et des 100 actions du programme politique du chef de l’Etat, en parfaite cohérence avec le Plan National de Développement « Tchad Connexion 2030 ». Selon lui, le budget prévoit une hausse significative des dotations, avec une augmentation d’au moins 50% par entité dans le secteur de la santé. Cette enveloppe renforcée bénéficiera à l’ensemble des structures sanitaires (hôpitaux de référence, CHU, hôpitaux provinciaux et de district, centres de santé).

L’investissement dans les infrastructures reste une priorité. Le gouvernement annonce un engagement conséquent sur ressources propres pour la construction de routes et d’ouvrages de franchissement, essentiels au désenclavement et au développement économique du pays.

Côté croissance, le ministre table sur une progression du PIB réel à 5,8% en 2026, contre 4,3% en 2025. Le cadre macroéconomique repose sur des prévisions prudentes dans le secteur pétrolier. Il s’agit du taux de change du dollar US fixé à 550 Fcfa (contre 600 Fcfa en 2025), du prix moyen du Brent estimé à 65 dollars le baril (contre 75 dollars en 2025), avec une décote stable de 2 dollars. La production pétrolière, quant à elle, devrait atteindre 160 808 barils/jour, contre 151 023 en 2025.

Le projet de loi de finances prévoit des ressources budgétaires évaluées à 2 275 milliards Fcfa, contre 2 420,8 milliards Fcfa en 2025, soit une baisse de 145,8 milliards Fcfa, correspondant à un recul de 6%. Cette contraction des ressources s’explique principalement par la diminution des recettes hors pétrole, qui s’établissent à 1 094 milliards Fcfa, contre 1 427 milliards Fcfa l’année précédente.

Les recettes issues du pétrole sont quant à elles projetées à 779,8 milliards Fcfa, tandis que les dons attendus sont estimés à 401 milliards Fcfa. A l’inverse, les dépenses globales de l’Etat connaissent une hausse significative. Elles sont arrêtées à 2 531,5 milliards Fcfa pour 2026, contre 2 323,8 milliards Fcfa en 2025, soit une augmentation de 207,7 milliards Fcfa, équivalente à 9%. Cette enveloppe budgétaire se répartit entre les charges financières de la dette, évaluées à 125,5 milliards Fcfa, en baisse de 16%, les dépenses de personnel qui atteignent 693,5 milliards Fcfa, en progression de 2%, ainsi que les dépenses de biens et services, chiffrées à 235,3 milliards Fcfa, en hausse de 7%.

Les transferts sont projetés à 304,9 milliards Fcfa, en augmentation de 3%. En revanche, les investissements publics enregistrent une forte progression, pour atteindre 1 172,3 milliards Fcfa, soit une hausse notable de 20% par rapport à l’exercice précédent.

Ce déséquilibre entre ressources et dépenses fait apparaître un déficit budgétaire global de 256,5 milliards Fcfa. Pour couvrir ce besoin de financement, le gouvernement prévoit de recourir à des appuis extérieurs, à travers la Facilité élargie de crédit (FEC) du Fonds Monétaire International, ainsi qu’à l’émission de titres publics sur le marché financier.

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