Le Gouvernement suit avec une attention soutenue et une vive préoccupation le mouvement de grève observé par la section provinciale de N’Djamena du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET).
Tout en réaffirmant son attachement indéfectible au respect des dispositions conventionnelles et législatives relatives à la liberté syndicale et à l’exercice du droit de grève dans le secteur public, le Gouvernement rappelle que ces droits s’exercent dans le strict respect des lois de la République et dans un esprit de responsabilité citoyenne, particulièrement lorsqu’ils impactent le droit fondamental à l’éducation des enfants.
Le Gouvernement tient, à cet effet, à rappeler la chronologie des faits afin de témoigner de sa bonne foi et de sa volonté constante de dialogue.
En réponse à la demande de révision du Décret n°477/PR/MENJS/92 du 16 septembre 1992 portant statut particulier des personnels de l’enseignement élémentaire, secondaire général et technique, de la Jeunesse et des Sports, de l’administration scolaire et de l’intendance, le Gouvernement a adopté le Décret n°2850/PR/PM/MENPC/2025 du 06 novembre 2025, dans l’optique de valoriser la fonction enseignante.
Une commission paritaire regroupant les ministères de l’Éducation Nationale, de la Fonction Publique et des Finances, ainsi que les représentants syndicaux, a été mise en place puis réactivée en 2025 afin d’élaborer les textes d’application du nouveau décret. Elle tient régulièrement ses sessions de travail dans une démarche inclusive et participative.
À la suite des préoccupations exprimées par le syndicat, un premier chronogramme a été proposé. Après observations, un second chronogramme consensuel a été adopté, fixant la finalisation des négociations au 03 avril 2026.
Toutefois, à la surprise générale, la section provinciale du SET de N’Djamena a appelé, le 14 février 2026, à une grève allant du 16 au 28 février, sans préavis, alors même que les discussions étaient en cours.
Face à cette situation, le Premier ministre a convoqué une réunion élargie à tous les partenaires concernés. Au cours des échanges, les participants ont reconnu l’erreur liée à l’appel à la grève et ont sollicité un délai de deux jours pour rectifier la situation et rattraper les cours.
Malgré ces avancées et l’engagement manifeste du Gouvernement en faveur du dialogue, la section provinciale a décidé de reconduire le mouvement jusqu’au 28 février 2026.
Le Gouvernement attire l’attention sur le caractère inopportun de la poursuite de la grève alors qu’un chronogramme validé est en cours d’exécution, sur les procédés observés lors de l’Assemblée générale, assimilables à des manœuvres dilatoires, sur la politisation du mouvement par certains acteurs, ainsi que sur l’appel au boycott des cours dans les établissements publics et privés de N’Djamena, mesure jugée extrême et préjudiciable aux élèves.
Face à la persistance du mouvement, le Gouvernement entend appliquer avec rigueur la législation en vigueur afin de garantir la continuité du service public de l’éducation.
Conformément aux dispositions de la Loi n°032/PR/2016 du 31 décembre 2016, modifiant la Loi n°008/PR/2007 du 09 mai 2007 relative à la réglementation de l’exercice du droit de grève dans les services publics, notamment en son article 15, les journées non prestées pour cause de grève ne donnent pas lieu à rémunération et les salaires correspondants sont à la charge des syndicats initiateurs du mouvement, sauf cas de retard généralisé de paiement.
Au regard de ces dispositions, la section du SET de N’Djamena sera tenue pour responsable des conséquences découlant de ce mouvement.
Le Gouvernement réitère enfin son appel au SET national ainsi qu’à la Confédération Indépendante des Syndicats du Tchad (CIST) pour privilégier le dialogue, afin de permettre à la commission de poursuivre les négociations dans le calme et la sérénité, conformément au chronogramme établi, seul cadre susceptible d’aboutir à des solutions durables aux préoccupations des enseignants.

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