Le manque de formateurs qualifiés constitue aujourd’hui l’un des principaux défis de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels (EFTP) au Tchad. C’est le constat dressé par Temoua Habmon, proviseur du Lycée d’enseignement technique industriel de N’Djamena (LETIN) et chercheur, au terme des Journées de réflexion sur la redynamisation de l’EFTP, tenues du 27 au 29 juillet 2026, à N’Djamena.
Pour répondre à cette situation, le responsable préconise des mesures rapidement opérationnelles. Parmi elles, le recrutement des meilleurs lauréats des lycées techniques industriels, qui pourraient bénéficier d’une formation pédagogique et professionnelle de six à neuf mois avant d’être déployés comme instructeurs dans les Centres de formation technique et professionnelle (CFTP).
En attendant la création d’une École normale des instructeurs de l’enseignement technique (ENIET), cette formation pourrait s’appuyer sur le partenariat existant entre le Lycée technique industriel de N’Djamena et l’École normale supérieure (ENS). Temoua Habmon estime que ce cadre de coopération constitue une opportunité pour répondre rapidement aux besoins en ressources humaines du secteur.
Le recours à des recrutements sous contrat, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, est également proposé. Ce dispositif pourrait permettre de renforcer les effectifs dans les établissements avant une éventuelle intégration progressive à la fonction publique, en fonction des besoins de l’administration.
Autre piste : mobiliser les ingénieurs de travaux issus des établissements publics de formation ainsi que les diplômés des ENSET actuellement sans emploi. Après une formation pédagogique adaptée, ces profils pourraient contribuer à renforcer les équipes enseignantes des lycées techniques industriels.
Pour Temoua Habmon, la réforme de l’EFTP doit également passer par la formation continue. Il appelle ainsi à renforcer les liens avec le secteur privé afin de permettre aux formateurs de réaliser régulièrement des stages d’immersion en entreprise et d’actualiser leurs compétences face aux évolutions technologiques.
Au-delà des infrastructures et des équipements, soutient-il, la réussite de l’EFTP dépend avant tout de la capacité du système à disposer de formateurs suffisamment qualifiés pour transmettre aux jeunes les compétences recherchées par le monde professionnel.

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