Comme il est de coutume ces derniers jours, les enseignants de la section provinciale du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) de N’Djamena se retrouvent à l’École du Centre, à l’appel de leur bureau. Le décor habituel est installé, avec un podium de fortune constitué de quelques tables-bancs légèrement surélevées. Les autres enseignants sont alignés tout autour, certains debout, d’autres assis. Deux animateurs, l’un s’exprimant en français et l’autre en arabe, prennent place. Micro en main, ils ouvrent l’assemblée générale et annoncent le programme du jour.
Le secrétaire général provincial, Abdelkader Djibia, prend la parole. Il déroule les événements survenus depuis le déclenchement de la grève : une rencontre avec le Premier ministre, la publication d’un chronogramme des négociations, entre autres. Il tente d’appeler ses camarades à reprendre le travail le temps que les pourparlers aboutissent. « 45 jours dans la vie d’un homme, ce n’est rien », dit-il, faisant allusion au processus de négociation.
Place aux interventions. Le ton monte dans l’assemblée. Les avis divergent, mais la majorité estime qu’il faut poursuivre la grève. Pour les partisans du mouvement, le gouvernement n’a pas la volonté de négocier. Les enseignants ont pourtant déposé un préavis d’un mois, prolongé de deux semaines, sans aucune réaction. Il a fallu entrer en grève pour que le Premier ministre appelle leurs représentants et qu’un chronogramme soit établi. Si le gouvernement a réellement la volonté, soutient un intervenant, l’application d’un décret qu’il a lui-même signé ne nécessite pas 45 jours de négociations.
En conclusion, le bureau provincial se range à l’avis de la majorité et décide du maintien de la grève pour deux semaines.

Leave feedback about this
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.