Sécurité

Tibesti : les cadres appellent à une cessation immédiate des hostilités à Miski

A la suite de nouveaux affrontements meurtriers survenus le 14 octobre 2026 dans le département d’Emi‑Koussi, les cadres de la Province du Tibesti ont lancé un appel solennel pour la paix, exhortant Forces de défense et Comité d’autodéfense de Miski à cesser les hostilités et à appliquer l’accord de Bardaï dans son intégralité.

Le mercredi 14 octobre 2026, des combats ont opposé les Forces de défense et de sécurité au Comité d’autodéfense de Miski. Selon l’appel, cet affrontement survient à peine dix-huit mois après la signature d’un accord de paix à Bardaï, censé mettre fin aux tensions récurrentes autour de la gestion des ressources aurifères.

« Ce malheureux événement […] survient dix-huit mois à peine après la signature solennelle d’un énième accord de paix à Bardaï », rappelle le document.

Les cadres du Tibesti, se présentant comme « serviteurs de l’État et filles et fils de cette Province », ont jugé indispensable de prendre publiquement position face à la gravité de la situation. Dans leur déclaration, ils expriment d’abord leur compassion envers les familles endeuillées et les blessés, appelant les autorités à garantir des soins sans discrimination. Ils insistent ensuite sur l’urgence d’une cessation totale des hostilités, estimant que les affrontements répétés depuis 2018 n’ont apporté aucune solution durable et ont surtout retardé le retour de l’administration, de l’école et des services de santé dans la zone.

Les cadres exhortent les deux parties à « renoncer à toute action armée » et à placer « la protection des populations civiles et l’intérêt général de la nation » au centre de leurs décisions. Le document condamne fermement les propos de haine circulant sur les réseaux sociaux, jugés contraires à la vision de paix et d’unité nationale.

« Nous déplorons […] les discours de division qui se propagent sur les réseaux sociaux », écrivent-ils, appelant les citoyens à ne pas céder à ces manipulations.

Les signataires rappellent que plusieurs accords de paix ont déjà été conclus, dont celui du 20 avril 2025 à Bardaï, qui engage toutes les parties. Ils demandent son application stricte et complète, soulignant que l’autorité de l’État ne saurait être négociable, notamment pour garantir une exploitation ordonnée des ressources minières au bénéfice des populations locales. Conscients que la fin des combats ne suffira pas à instaurer une paix durable, les cadres recommandent la création d’un Cadre permanent de concertation pour la paix au Tibesti. Cette instance réunirait autorités administratives, chefs traditionnels, élus, cadres, jeunes, femmes et société civile, afin de : établir un diagnostic partagé des causes de la crise ; proposer des mesures concrètes pour l’application du code minier ; suivre la mise en œuvre de l’accord de Bardaï ; informer les populations pour contrer les fausses rumeurs.

En conclusion, les signataires invitent les filles et fils du Tibesti à choisir le dialogue et à s’engager dans l’œuvre de réconciliation. « La paix dans le Tibesti ne doit pas être un vain mot », affirment-ils, appelant chacun à contribuer au développement d’un territoire longtemps meurtri par les conflits. L’appel est signé à N’Djamena le 19 octobre 2026 par des représentants des cadres, des chefs traditionnels, de la société civile, des organisations féminines et de la jeunesse.

Quitter la version mobile