Le Tchad franchit un cap dans la promotion de la représentation féminine au sein de l’exécutif. À la faveur du dernier remaniement gouvernemental, 12 femmes figurent parmi les 38 membres du gouvernement, soit 31,6 %, un taux légèrement supérieur au quota de 30 % prévu par les textes en vigueur encadrant les nominations aux fonctions publiques.
Cette avancée se traduit par une présence féminine dans des portefeuilles variés et parfois stratégiques. À la tête du ministère en charge des questions de genre, Kitoko Ngata Ngoulou occupe le poste de Ministre d’État, Ministre de la Femme et de l’Enfance. Le secteur judiciaire est également confié à une femme, avec Ndolenedji Alixe Naimbaye, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargée des Droits humains.
Dans le domaine social et humanitaire, Zara Mahamat Issa pilote le ministère de l’Action sociale, de la Solidarité nationale et des Affaires humanitaires. Le secteur extractif, clé pour l’économie tchadienne, est dirigé par Fatime Haram Acyl, Ministre des Mines, du Pétrole et de la Géologie, tandis que Fatima Goukouni Weddeye est en charge des Transports, de l’Aviation civile et de la Météorologie nationale.
Au cœur de l’appareil gouvernemental, Dr Rahmatou Mahamat Hountoin occupe les fonctions de Ministre, Secrétaire générale du gouvernement, un poste stratégique de coordination. Sur le plan diplomatique, Fatimé Aldjineh Garfa intervient comme Ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée notamment de l’intégration africaine et des Tchadiens de l’étranger.
Plusieurs femmes occupent également des postes de secrétaires d’État. C’est le cas de Dr Goulé Koudji à l’Éducation nationale, Aminatou Bello à la Justice et aux Droits de l’homme, Dr Khadidja Adoum Attimer à l’Enseignement supérieur, Dr Mbaïdédji Dékandji Francine à la Santé publique et à la Prévention, ainsi que Haoua Abdelkerim Ahmadaye aux Infrastructures, chargée de l’entretien routier.
Si cette composition gouvernementale respecte les exigences légales en matière de quota, elle illustre également une dynamique progressive d’inclusion des femmes dans la gestion des affaires publiques. Reste toutefois à consolider cette présence, tant en termes de maintien des acquis que d’accès accru aux postes de décision les plus influents.
Ainsi, au-delà du respect des textes, l’enjeu demeure celui d’une participation féminine durable et pleinement effective dans la gouvernance du pays.

