Le coût du Hadj connaît une hausse significative pour l’édition 2027. Fixé à 3 474 000 Fcfa, contre 3 062 000 Fcfa en 2026, le forfait augmente de 412 000 Fcfa, soit environ 13,5 %.
Dans son discours de lancement officiel du Hadj 2027, le président de l’Organe de Régulation de la Gestion du Pèlerinage (ORGEP), le général Idriss Dokony Adiker, a tenté d’apporter des explications à cette augmentation. Selon lui, celle-ci «ne résulte ni d’un choix de l’ORGEP, ni d’une décision unilatérale de notre pays», mais découle de « nouvelles exigences imposées par le Ministère saoudien du Hadj».
Trois mesures sont avancées pour justifier cette hausse : la réservation obligatoire de lits de réserve, la mise en place de navettes dédiées pour les pèlerins et l’intégration obligatoire du sacrifice, ou Hady, dans le forfait.
Le discours donne ainsi une explication générale à l’augmentation du prix. Le responsable de l’ORGEP rattache explicitement les 412 000 Fcfa supplémentaires à l’évolution des exigences imposées aux pays envoyeurs de pèlerins.
Cependant, le discours ne fournit aucun détail chiffré permettant de vérifier précisément cette explication. Aucun montant n’est indiqué pour les lits de réserve, les navettes ou le Hady. Il n’est pas non plus précisé quelle proportion des 412 000 Fcfa supplémentaires correspond à chacun de ces postes.
Cette absence de ventilation est importante. Si le discours identifie les principaux facteurs présentés comme responsables de la hausse, il ne permet pas, à lui seul, de reconstituer le nouveau forfait de 3 474 000 Fcfa à partir de celui de 2026.
La question reste donc celle de la structure exacte de l’augmentation : sur les 412 000 Fcfa supplémentaires demandés à chaque pèlerin, combien correspondent au Hady ? Combien aux navettes ? Combien aux lits de réserve ? Et y a-t-il eu, parallèlement, une évolution d’autres composantes du coût du pèlerinage ?
Le général Idriss Dokony Adiker assure par ailleurs que « chaque ajustement tarifaire fait l’objet d’une évaluation rigoureuse » et que le gouvernement et l’ORGEP souhaitent maintenir le coût « aussi accessible que possible ». Mais là encore, le discours ne présente ni le détail de cette évaluation ni un tableau comparatif des différentes composantes du forfait 2026 et 2027.
En résumé, le discours répond à la question du “pourquoi” de manière générale, mais pas entièrement à celle du “combien”. Les autorités invoquent de nouvelles obligations saoudiennes pour expliquer la hausse de 13,5 %, mais ne détaillent pas la contribution financière de chaque mesure au surcoût de 412 000 Fcfa.

