Allocution du président de la République, maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, lue à la cérémonie commémorative du 5eme anniversaire du décès du Maréchal du Tchad, Idriss Deby Itno (Paix à son âme) :
Il est des dates qui s’inscrivent dans le marbre de l’histoire. Parmi celles-ci, figurent celles qui évoquent le chagrin, la douleur et la tristesse de toute une nation. Le 19 avril est de celles-là. Pour notre Nation, c’est une date que nous ne pouvons ni oublier, ni banaliser. C’est un rendez-vous avec la mémoire, la gravité et, par-dessus tout, la responsabilité.
Il y a cinq ans, le MPS perdait son Président-Fondateur, le Tchad perdait son Président élu, son Chef Suprême. L’Afrique perdait l’un de ses fils les plus vaillants et le monde perdait une figure engagée et résolue. Et moi, en cet instant de bascule de l’histoire, je perdais un père exemplaire et un guide éclairé.
Le Maréchal du Tchad, Idriss Deby Itno, n’était pas un homme qui subissait les événements. Il appartenait à cette catégorie rare de bâtisseurs qui ne suivent pas l’histoire : ils la façonnent. Sa vie entière fut un sacrifice, portée par une exigence aussi simple qu’absolue : tenir le Tchad debout, quoi qu’il en coûte.
Et le 19 avril 2021, il est allé au bout de son serment, tombant l’arme à la main, fidèle jusqu’au dernier souffle à cette terre qu’il aimait tant.
Mes chers compatriotes,
Souvenez-vous de ces heures d’incertitude. À l’annonce de son décès, chacun de vous a dû se poser la question que nous nous sommes tous posée : « Que va devenir le Tchad ? ». Souvenons-nous de l’incertitude créée par cette disparition ; rappelons-nous la traversée massive du pont à double voie, les enfants sortis de l’école, la fermeture des commerces.
J’ai vu un vide énorme engendré par cette épreuve.
J’ai mesuré, dans le silence de ce jour funeste, ce que le Tchad risquait de perdre : son unité, sa paix, voire son existence même.
Dans ces instants de tempête, l’hésitation est une trahison. Avec mes compagnons d’armes et avec le concours de l’ancien Président de l’Assemblée Nationale, le camarade Haroun Kabadi, nous avons pris nos responsabilités. Nous avons choisi d’assumer l’héritage, non par goût du pouvoir, mais par devoir de survie. Nous avons fait le choix de préserver l’essentiel : l’unité nationale, la stabilité de l’État et la continuité de la République.
Mais si le Tchad est resté debout, ce n’est pas seulement par la volonté de mes frères d’armes. C’est grâce à Dieu et grâce à la volonté populaire des Tchadiens et des Tchadiennes, qui ont fait preuve d’une maturité exemplaire. Malgré la douleur lancinante, malgré les doutes légitimes, vous avez choisi la responsabilité plutôt que le chaos.
Aujourd’hui, le retour à l’ordre constitutionnel est le fruit de ce chemin difficile, mais maîtrisé. Il marque la victoire de la raison et ouvre l’aube d’une nouvelle étape dans la marche de notre pays.
Cette marche a connu son succès grâce à la main tendue, à l’ouverture politique, à l’esprit de réconciliation et au Dialogue National Inclusif et Souverain (DNIS). Aujourd’hui, des milliers de Tchadiens exilés sont rentrés et continuent de rentrer dans leur pays. Beaucoup d’entre eux contribuent désormais à la gestion de la chose publique.
La transition tchadienne a été un exemple, car nous l’avons rendue consensuelle et inclusive. Toutes les forces vives et les composantes sociales de la nation ont joué un rôle déterminant dans sa réussite. Aujourd’hui, le développement du Tchad est l’unique préoccupation de tous les Tchadiens.
Mes chers Camarades,
Cinq ans après, notre devoir dépasse le simple recueillement. Notre devoir est de transmettre les enseignements tirés, pour que les générations futures n’oublient jamais le prix de la paix et les vertus du dialogue. J’ai toujours opté pour le dialogue et maintenu ma main tendue pour que nous puissions surmonter toutes les difficultés par la concertation et la réconciliation.
L’initiative de construire un musée et une bibliothèque contribuera à sauvegarder l’histoire du MPS et de notre pays. Dans cette histoire réside la mémoire de tous nos martyrs, au premier rang desquels le Maréchal Idriss Deby Itno. Cette mémoire dépasse les noms, les clans et les appartenances : elle est un patrimoine national. Elle appartient à chaque enfant du Tchad, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest et du Centre.
Le Maréchal n’est pas seulement un souvenir figé dans le passé. Il est une référence, une boussole dans la tourmente. Son héritage ne se contente pas d’être célébré par des mots ; il se prolonge par nos actes, par notre refus de la division et par notre acharnement à bâtir un pays uni, prospère et en paix.
À ceux qui ont cru que le MPS allait disparaître, ils ont oublié que le MPS est une idéologie ancrée et forgée par des Tchadiens de tous les horizons. Une idéologie ne meurt jamais. Au contraire, elle se renforce devant les épreuves qu’elle rencontre, car elle est animée par le sens du sacrifice et du militantisme. Le résultat est devant vous : le MPS demeure le plus grand parti du Tchad.
Je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à la réussite du processus politique, plus particulièrement les femmes et les jeunes qui ont été au cœur de cette dynamique.
Si nous observons ce qui se passe autour de nous, ou sous d’autres cieux lointains, nous devons être fiers et remercier le Tout-Puissant d’avoir épargné à notre pays la déchirure et l’abîme.
En honorant la mémoire du Maréchal du Tchad et, à travers lui, celle de tous nos héros tombés pour la patrie, nous honorons le Tchad. En restant unis, nous leur rendons le plus beau des hommages.
Que Dieu accueille l’âme du Maréchal et de tous nos martyrs dans Son vaste paradis.
Que Dieu vous Bénisse.
Que Dieu Bénisse le Tchad.
Je vous remercie.

