À la suite d’un bombardement meurtrier attribué à une attaque venue du Soudan, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement tchadien, Gassim Chérif Mahamat, affirme que le Tchad répondra de manière « adéquate » tout en réaffirmant sa neutralité dans le conflit soudanais et sa volonté de privilégier la médiation.
Aujourd’hui, le Tchad pourrait-il attaquer le Soudan pour protéger son territoire ?
Tout à fait. D’abord, nous déplorons les pertes tchadiennes : il s’agit de la troisième ou quatrième attaque de ce type. Le bilan est actuellement de 20 morts côté tchadien. Nous présentons nos condoléances aux familles endeuillées. Le chef de l’État a arboré sa tenue de maréchal, chef suprême des armées, pour envoyer un message clair : protéger notre territoire contre toute forme d’incursion ou d’attaque.
Au moment où je vous parle, l’armée tchadienne est déployée à Tiné-Djagaraba, en territoire tchadien. Elle contrôle les entrées et sorties à la frontière avec le Soudan. Depuis le début du conflit, le président appelle les belligérants à privilégier le dialogue et la concertation.
Concrètement, après cette frappe, quelle sera la réponse des autorités tchadiennes ?
Elle sera proportionnelle, adéquate et conforme au droit international. Notre priorité reste la sécurité de nos concitoyens.
Parlez-vous de frappes ou d’un déploiement de troupes au sol ?
Les troupes sont déjà positionnées le long de la frontière, qui s’étend sur 1 300 km. Elle est entièrement contrôlée. Nous répondrons graduellement selon la nature et la gravité de la menace. Dans ce cas précis, il s’agit d’une attaque de drone.
Une enquête a été ouverte. Où en est-elle ? Avez-vous identifié les responsables ?
Les enquêtes sont en cours. Nous savons que l’attaque provient du Soudan, mais nous ne pouvons pas encore désigner de responsable précis. Nous attendons les conclusions de l’équipe technique. Je ne peux pas me prononcer à ce stade. Nous attendons les résultats de l’enquête.
Comment le Tchad se positionne-t-il dans le conflit entre les généraux soudanais Al-Bourhan et Héméti ? Le gouvernement soudanais vous accuse de soutenir les FSR.
Ce sont des accusations fallacieuses et totalement infondées. Depuis le début du conflit, le président tchadien a appelé les deux parties au dialogue, les recevant même à N’Djamena.
Notre position est claire : neutralité et impartialité.
Donc vous ne soutenez aucun camp ?
Absolument aucun. Le Soudan est un pays frère. Ce conflit a un lourd impact humanitaire sur le Tchad, qui accueille environ un million de réfugiés. Cela affecte nos ressources, nos communautés et notre stabilité. Nous sommes aussi victimes de cette situation.
Dernière question : face aux millions de déplacés, le Tchad ne devrait-il pas jouer un rôle de médiateur ?
Tout à fait. Le président a proposé une médiation tchadienne. Des discussions sont en cours pour organiser des pourparlers au Tchad. Le ministère des Affaires étrangères travaille activement dans ce sens.
Propos recueillis par France24

