Face à l’afflux massif de réfugiés soudanais et de rapatriés, l’UNFPA tire la sonnette d’alarme sur l’urgence sanitaire et la protection des femmes et des filles dans l’Est du Tchad. L’agence onusienne dénonce un manque critique de financement et appelle à une solidarité internationale immédiate.
La guerre au Soudan continue de provoquer un déplacement massif vers l’Est du Tchad. Au 2 mars 2026, le pays accueillait 916 838 personnes regroupées en 264 246 ménages, portant le nombre total de déplacés à 2 186 843, dont 1 508 256 réfugiés. Une proportion écrasante de 87 % est constituée de femmes et d’enfants.
Dans ce contexte, l’UNFPA intensifie son action pour répondre aux besoins vitaux. Le Tchad affiche l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde. Parmi les populations déplacées, on compte 41 787 femmes enceintes et plus de 55 000 naissances attendues dans les 12 prochains mois. L’absence de soins obstétricaux de qualité menace directement la survie des mères et des nouveau-nés.
Au-delà de la santé, la crise fragilise la protection des femmes. La promiscuité dans les camps favorise les violences basées sur le genre, l’exploitation sexuelle et les mariages précoces. Faute de moyens, l’UNFPA a dû fermer 16 espaces sécurisés, laissant de nombreuses survivantes sans refuge ni soutien psychologique.
Pour faire face, l’agence a déployé en urgence 91 sages-femmes, installé 25 tentes cliniques temporaires, réhabilité 10 structures de santé et étendu ses « Espaces Sûrs » à 9 localités. Mais ces efforts restent insuffisants. L’UNFPA lance un appel de 18,7 millions de dollars US pour renforcer sa réponse humanitaire en 2026 dans les provinces de l’Ennedi Est, du Wadi Fira, du Ouaddaï et du Sila. « L’accouchement n’attend pas la fin des conflits et il ne peut attendre que les financements arrivent », rappelle la Représentante Résidente de l’UNFPA au Tchad, Madame Yewande Odia.

