L’Association des Médias en Ligne du Tchad (AMET) a exprimé sa vive préoccupation face aux difficultés rencontrées par plusieurs journalistes pour accéder aux établissements hospitaliers de la capitale et couvrir l’évolution de l’épidémie de dengue qui touche actuellement le pays. Dans un communiqué de presse publié le 2 novembre, l’organisation affirme avoir reçu des témoignages faisant état de restrictions imposées aux médias privés dans certains centres hospitaliers de N’Djaména. Selon l’AMET, des responsables sanitaires auraient reçu des consignes émanant de la direction de la communication du ministère de la Santé limitant l’accès des journalistes aux établissements de santé ainsi que les possibilités d’interviews avec les responsables sanitaires.
Face à cette situation, l’association rappelle qu’en période de crise sanitaire, l’accès à une information fiable, transparente et régulière constitue une nécessité de santé publique. Elle estime que de telles restrictions sont susceptibles d’alimenter les spéculations et la diffusion de fausses informations concernant notamment le nombre de cas, les décès enregistrés et les capacités de prise en charge des patients.
L’AMET souligne également le rôle des médias dans la sensibilisation des populations et la lutte contre la désinformation. Selon elle, le travail des journalistes doit pouvoir s’exercer dans le respect de la déontologie professionnelle, du secret médical et de la dignité des patients. Dans son communiqué, l’organisation appelle le ministre de la Santé à intervenir afin de garantir à tous les médias, publics comme privés, un accès équitable et non discriminatoire à l’information sanitaire. Elle demande notamment la communication régulière de données officielles ainsi que la possibilité de réaliser des reportages et des interviews encadrés dans les établissements de santé.
L’association déplore par ailleurs le caractère récurrent des difficultés d’accès à l’information signalées par ses membres auprès de certains services de communication institutionnelle. Elle prévient qu’en l’absence de mesures concrètes, elle pourrait appeler les médias adhérents à suspendre la couverture des activités de communication institutionnelle du ministère de la Santé, tout en poursuivant leur mission d’information sur les questions sanitaires d’intérêt général. Réaffirmant son attachement au dialogue, l’AMET se dit disposée à collaborer avec les autorités sanitaires pour favoriser une information responsable et accessible à tous. L’organisation rappelle enfin que la transparence de l’information sanitaire constitue, selon elle, une exigence essentielle pour préserver la confiance des citoyens.

