Chronique

Chronique : N’Djaména compte ses morts, le mystère reste entier

30 par jour, plus de 300 par semaine, près de 800 en quelques semaines. A N’Djaména, les chiffres donnent le vertige et les cimetières ne désemplissent plus. A Lamadji, les enterrements semblent presque créer des embouteillages. Les images de centaines de véhicules stationnés devant le cimetière, largement partagées sur les réseaux sociaux, en disent long sur l’inquiétude qui gagne la population. Le plus troublant, c’est le silence autour de cette hécatombe. Début octobre, les autorités sanitaires ont déclaré une épidémie de dengue, avec un bilan officiel de 14 décès. Mais alors, comment expliquer tous ces autres morts ? La dengue serait-elle devenue le grand coupable ou une autre maladie se cache-t-elle derrière cette vague de décès ? Pour l’instant, les réponses se font désirer. Les médias comptent les morts, les familles pleurent leurs proches et les cimetières, eux, ne connaissent pas de répit. Pendant ce temps, les informations hospitalières restent difficiles d’accès. Les médecins gardent le silence, les sources se font rares et les questions s’accumulent.

Dans cette affaire, le doute est presque devenu une maladie nationale. On accuse la dengue, faute de mieux, mais sans données suffisantes pour établir les causes de cette mortalité. Une chose est certaine : les Tchadiens ont besoin de réponses, pas de suppositions. Car quand les morts se comptent par centaines, le silence devient aussi inquiétant que l’épidémie elle-même.

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