Éducation

Bolmbari Ngolaou rappelle les différentes exigences du SET

A l’occasion de la 60ᵉ Journée mondiale des enseignants, célébrée le 5 octobre 2026, le Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) a organisé un point de presse à son siège, au quartier Moursal, dans la commune du 6ᵉ arrondissement de N’Djamena. Placée sous le thème international « Aux côtés du personnel enseignant : 60 ans à protéger la profession, promouvoir la condition enseignante et façonner nos futurs », cette rencontre a surtout servi de tribune au syndicat pour dresser un bilan de la situation des enseignants et réitérer ses principales revendications auprès du gouvernement.

Pour le secrétaire général du Bureau exécutif national du SET, Bolmbari Ngolaou, cette journée ne doit pas être réduite à une simple célébration. Elle constitue, selon lui, « un moment de bilan, de vérité et de mobilisation ». Le syndicat a ainsi salué l’engagement des enseignants tchadiens durant l’année scolaire 2025-2026, malgré les retenues sur salaires, les arriérés et un climat social difficile.

Le SET estime que les enseignants ont néanmoins assuré la continuité du service public de l’éducation, achevé les programmes scolaires et contribué à l’organisation des examens et concours. « Cet engagement patriotique a permis de sauver l’année scolaire », souligne le syndicat, qui réclame en retour davantage de justice salariale, le respect du statut des enseignants et une meilleure considération de la profession.

Des engagements gouvernementaux jugés non respectés

Au cœur des préoccupations soulevées figure le non-respect, selon le SET, de plusieurs engagements pris par le gouvernement dans le cadre du dialogue social. Le syndicat dénonce notamment le retard dans la mise en œuvre du protocole d’accord dont la signature était attendue le 6 juin 2026, ainsi que le non-respect du chronogramme de 45 jours convenu avec les partenaires sociaux.

Le SET réclame également le remboursement de la retenue opérée sur les salaires du mois de février 2026, malgré les démarches entreprises par son bureau exécutif national.

Autre point de tension : les autorisations d’étude. Le syndicat déplore le refus ou le blocage de leur délivrance, malgré les engagements annoncés, et demande la levée du moratoire ainsi que la régularisation de la situation conformément aux textes en vigueur.

La question des actes de carrière constitue également une source de mécontentement. Le SET dénonce les blocages concernant les titularisations, avancements et reclassements, ainsi que les retards dans le paiement des rappels de salaire.

Maîtres communautaires et lauréats des écoles normales au cœur des revendications

Le syndicat met par ailleurs l’accent sur la situation des maîtres communautaires, confrontés à des retards prolongés dans le paiement de leurs subsides. Il demande leur paiement régulier, mais aussi l’intégration des lauréats des ENI et de l’ENS dans le cadre régulier de la fonction publique.

Cette revendication intervient dans un contexte marqué, selon le SET, par le départ massif d’enseignants à la retraite, qui accentue les besoins en personnel dans les établissements scolaires.

Le syndicat réclame également une revalorisation des primes de logement, jugées insuffisantes face à la hausse du coût des loyers, ainsi qu’une amélioration globale des conditions de vie et de travail des enseignants.

Dix revendications adressées au gouvernement

À l’issue de son point de presse, le Bureau exécutif national du SET a formulé dix principales revendications :

  1. La signature sans délai du protocole d’accord relatif à l’application intégrale du décret N°2850 ;
  2. Le remboursement du salaire retenu au titre du mois de février 2026 ;
  3. La levée immédiate du moratoire et la signature effective des autorisations d’étude conformément à la loi N°17 et au décret N°2850 ;
  4. Le traitement diligent des actes de carrière, notamment les titularisations, avancements et reclassements, ainsi que le paiement des rappels de salaires dus ;
  5. La révision à la hausse des mesures salariales annoncées, en tenant compte de l’évolution du coût de la vie ;
  6. Le paiement des subsides des maîtres communautaires et l’intégration des lauréats des ENI et de l’ENS dans la fonction publique ;
  7. La reprise effective du dialogue social et le respect des partenaires sociaux ;
  8. La traduction dans le budget de l’État de la priorité accordée à l’éducation, notamment à travers les manuels scolaires, les infrastructures et l’amélioration des conditions de travail ;
  9. La protection des enseignants dans l’exercice de leur mission ainsi que l’amélioration de leur couverture sociale et sanitaire ;
  10. La réhabilitation des membres des bureaux des organes du SET affectés, la tenue de la CONAM et la réouverture des établissements d’enseignement public de Dembé.
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